Le Carnaval de Limoux


Le Carnaval de Limoux

Quelques histoires d'une époque ancienne

Arrêté du Conseil Municipal du 12 février 1793

Les Meuniers

 

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l faut remonter à notre lointaine histoire pour trouver les origines car il est une émanation des fêtes païennes grecques et romaines. Ce sont les bacchanales, les lupercales et les saturnales qui, en héritage, ont laissé les déguisements, les danses, les chants et les cris, qui transmis à travers les siècles, ont donné le carnaval.
a ville de Limoux possède un carnaval considéré comme le fleuron des fêtes traditionnelles audoises. Pour les Limouxins, il n'y a qu'un seul carnaval, celui où les acteurs s'avancent au pas rituel marqué par la musique sous les vieux couverts, dont l'éclairage n'enlève rien à l'éclairage traditionnel des torches. Avec ses particularités essentielles, ce carnaval est un des plus renommés du Midi. Il va remplir la vie des Limouxins pendant tous les dimanches qui précèdent le dimanche des rameaux. Chaque dimanche l'une des treize bandes des divers quartiers de la ville fera les trois sorties traditionnelles. Tout se déroule sur la place de la République, qui est au centre de Limoux, entourée de ses arcades médiévales avec au milieu une naïade de fonte qui s'inspire librement de la naissance de Vénus.
Le matin la sortie de onze heures se fait en "goudil", c'est à dire en habit libre, et depuis quelques années, chaque bande choisit un thème différent. La sortie de dix sept heures est plus "sérieuse", elle dure deux heures, c'est là que l'on voit apparaître les traditionnels Pierrots Limouxins : blancs, noirs ou bleus avec les bandes de satin cramoisi. C'est là aussi que l'on s'aperçoit que les fécos de Limoux ne sont pas un carnaval comme les autres. Il y a quelque chose de rituel dans le soin que mettent les fécos à se costumer de façon aussi parfaite que possible : souliers vernis, gants blancs, cagoule, collerettes amidonnées, rien ne doit manquer pour ce cérémonial. La carabène, cette longue tige de roseau, attribut numéro un des fécos, qui les aide dans ce qui est leur raison d'être : "la chine". Les fécos ne sont pas en effet un simple défilé, un spectacle que les Limouxins regarderaient en spectateurs passifs. C'est tout le contraire, c'est une comédie sans cesse renouvelée et improvisée dans laquelle les badauds sont contraints d'entrer à leur tour.
Autrefois c'était par la "chine" que les fécos les faisaient entrer dans le jeu : une caresse du bout de la carabène, un regard malicieux derrière le loup de satin blanc, rouge ou bleu, ou encore le masque en carton représentant un homme politique, ou un animal quelconque et la "chine" commence. Le dialogue a presque toujours les mêmes débuts : "Te counaissi" (je te connais) dit le masque, et c'est le début de toute une série de plaisenteries souvent paillardes et parfois osées. Le jeu consiste à répondre avec esprit et, si possible, à reconnaître l'importun; le tout se terminant souvent par une poignée de confettis (certaines bandes en jettent jusqu'à six cent kilos en une seule sortie). D'autres se font offrir, en plus, une coupe de Blanquette ou offrent des friandises (voir l'histoire des pralines du docteur Basile Paillés).

La troisième sortie se fait le soir, après le souper souvent pris en commun, à la lueur des "antorches" (torches) de résine. Cette sortie se prolonge jusqu'à minuit ou une heure du matin. Le dernier dimanche de carnaval, celui qui précède les rameaux, sera celui du jugement de carnaval qui s'achève. C'est alors l'ultime sarabande autour des flammes en chantant : "Adiou paure canaval, tu t'en vas e iu demori jusqu'à l'annada que ven" (Adieu pauvre carnaval, toi tu t'en vas, et moi j'attends jusqu'à l'année prochaine). Le tout se terminant dans la joie et dans la blanquette, puisque cette dernière nuit lui est dédiée.

 

 

 


Le Carnaval de Limoux

Quelques histoires d'une époque ancienne

Arrêté du Conseil Municipal du 12 février 1793

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